Chapitre I [ Rêves et Réalités. ]

J'aime rêvasser en haut des toits. C'est agréable et vue la hauteur de ces derniers à New York, les voitures ne paraissent que bruit de fond. Et puis on a une belle vue, surtout à cette heure. Le soleil monte majestueusement dans le ciel illuminant tous les quartiers un par un. On a même l'impression que la flamme de la Statue de la Liberté est réelle. Je soupire, comme enivré par tant de beauté. Je devrais être habitué ...


J'ai un moment d'angoisse où je me dis: « Merde, ma cible ! ». Finit les rêveries. Je regarde un instant la fenêtre qui me préoccupe. Je ne vois rien. Soi elle est partie soi elle n'est pas encore arrivée. Je regarde ma montre et me dit que je devrais garder tous songes pour les quelques nuits que je passe correctement. J'ai un quart d'heure d'avance et j'en ai plein le cul de ce boulot.


Je pose ma mallette délicatement. Je l'ouvre. J'attache la crosse au corps de l'arme et le canon au bout. La lunette, elle est où ? On me demande de tuer quelqu'un en haut d'un toit, à 50 mètres de ma cible mais sans lunette de visée. Il va falloir improviser. C'est chiant l'impro, et ça ne se passe jamais comme on le souhaite. Alors je descend de l'immeuble. J'ai l'impression de descendre en Enfer. La lumière s'éteint et l'impression n'en est que plus grande. Je me casse la gueule, me relève péniblement puis me dit que l'Enfer n'est pas spécialement chouette alors je rallume la lumière. Puis merde, je la tue comment ?


Arrivé en bas je vois la lunette cassé. J'ai surement du la faire tomber du haut du toit. Ca aurait pu être tellement plus simple. Je rentre dans l'immeuble en face, manquant de me faire écraser par deux taxis et trois bus. L'ascenseur est en panne, j'ai un soupir mais pas le même que celui en haut de l'immeuble. J'arrive devant la porte, je la défonce l'arme à la main. Ma cible me regarde bizarrement, tendrement comme si elle savait que j'allais repartir. Je ferme les yeux, place ma crosse sous sa mâchoire et entend cette dernière se briser. Elle s'écroule et je finis le travail salement mais simplement en lui foutant mon arme sur la tempe. Splotch. C'est la seul satisfaction que j'ai. Entendre ce genre de bruit libérateur qui signifie que mon travail est terminé. Je sais pas ce que cette femme était, je ne connaissais rien d'elle mais elle est morte. Et puis de toute façon je ne suis pas payé pour réfléchir. Mais je ne suis pas non plus payé pour tuer des enfants. Il me regardait terrifié. J'eusse espéré qu'il n'avait pas assisté au massacre de sa mère qui n'était peut-être pas sa mère ! Bordel ! La confusion me réussit pas et je me casse. Je montre au mioche que je ne m'enfuis pas. Je sors en marchant, jette mon fusil dans le vide ordure, prend le premier taxi et repars. Ailleurs, ailleurs.
Chapitre I [ Rêves et Réalités. ]

# Posté le mercredi 14 janvier 2009 11:42

Modifié le mercredi 14 janvier 2009 12:38

Chapitre II [ Ici, c'est chez moi. ]

C'est chez moi ailleurs. Je vis là, dans la plus grande des insouciances. C'est bien, c'est grand. 5m² et deux pièces. Un atelier de photographie, 4m² et une chambre. Les toilettes sont à coté de mon lit. C'est un détail mais je préfère le préciser. Que j'ai une chambre bien sûr.

- Sinon ... Tu fais quoi dans la vie ?

Je viens de lui dire que j'avais un atelier de photographie et elle me demande ce que je fais dans la vie. Pourquoi je suis obligé de passer par des lieux de rencontres pour trouver quelqu'un ...
Je lui redis:

- Je suis photographe.
- C'est bien payé ?
- Non.
- En même temps 5 m², je me demande pourquoi je pose la question ...
- Et moi je me demande pourquoi on se pose des questions ...

Je me lève et me casse. C'est endroit sans le propre. Je retourne dans mon endroit petit et salle.

Un grand mec baraqué m'attend devant ma porte quand je rentre. Je lève la tête pour atteindre ses yeux avec les miens. Il a la tête dans les épaules, ça veut pas dire qu'il l'a sur, un menton comme une tranchée de la Guerre 14. Son chapeau lui tombe très légèrement sur les yeux. Un long manteau noir des épaules de rugbyman. Mais pas le genre à poser dans des calendriers. Il a oublié qu'on a changé d'époque. C'est un de ces mecs qu'on voit à la télé, des mafieux de Chicago dans les années 30. Nous sommes à Chicago mais plus dans les années 30.

- Mon patron voudrait vous voir.
- Pas moi.
- Suivez moi.

Je le suis. Je reste derrière. Je ne le connais pas mais sa présence est rassurante. Il se retourne et m'assomme.


Je me réveille. Doucement. Une énorme lumière et flou devant moi ... Elle s'éclaircit en même temps que mes idées.
On croit voir une caricature. Mon agresseur, un deuxième homme quasiment identique et un autre de taille plus petite au milieu me font face. Les questions vont fuser:

- Il faut que tu déménages. De gros contrat vont t'attendre.
- Hum ... Bonjour. Bien dormi ? Nan, j'sais pas vous mais j'ai eu un gros voile noir d'un coup. Vous avez pas vu mon agresseur par hasard ? ...

Une beigne. Ils n'aiment pas l'humour.

- Bien payé ?
- Pas payé.
- Pardon ? Je ne fais rien gratuitement.
- Il le faudra.
- Sinon ?

Les deux gros bras me relâchèrent. Euh ... ils me ramenèrent chez moi de la même manière qu'il m'avait conduit dans leur repères.

Je réfléchis, prend mon temps ... Les questions n'ont pas fusé devant eux mais après eux. Je fais quoi ? Pourquoi ? Pas d'argent ? Bref.

Le facteur passe une lettre sous ma porte. Je le salue sans l'ouvrir. Désolé vieux, pas de café pour aujourd'hui. J'ouvre la lettre et c'est un nouveau contrat.

Mission: Torturer, apeurer. Mes préférées ...
Chapitre II [ Ici, c'est chez moi. ]

# Posté le mercredi 14 janvier 2009 12:50

Modifié le mercredi 14 janvier 2009 14:57

Chapitre III [ Né pour tuer. ]

Chapitre III [ Né pour tuer. ]
Je la file, je la traque. C'est une bête et moi je suis le chasseur.
Code moral ? Inexistant. Je suis dans un autre monde. Je suis quelqu'un d'autre mais tant que je le sais, je vais bien. J'en souffre pas. Je tue mais je le sais pas. Elle avance dans une avenue. Il y a du monde elle sait pas encore que je suis là. Puis elle s'engage dans des rues qu'elles semblent être la seule à connaitre. Je suis discret. C'est pas ma marque de fabrique mais ça aide. J'avance plus rapidement. La conne ne se doute de rien. Elle est bonne ... Ouais mais on touche pas. On fait peur. Et elle a peur. Je fous une cagoule, elle ne doit pas me reconnaitre. Elle n'a pas le temps de sortir le trousseau de clés. Je lui attrape les cheveux, lui chuchote dans l'oreille un joli: " T'es prête ? ". Et là, c'est à ce moment que je ne sais plus qui je suis.


Ses cheveux encore dans mes mains, je lui fous la tête dans la porte, elle saigne, elle gémit, mais ne crie pas. Je lui explique la situation:

- T'appelles les flics, j'te retrouverais, tu fais pas ce que je vais te dire et tu passes tes prochaines nuits en Enfer.

Tout en lui pissant dessus, et dieu sait si je commençais à avoir envie, je lui dis qu'elle doit foutre la paix au mari qu'elle drague en ce moment. Ouais il y a des gens qui paye cher, très cher pour ce genre de choses.

Je pense qu'elle a compris. Je lui met quelques baffes et je me casse. Et elle resta surement sous le choc et tournera sa langue 7 fois sur la verge d'un autre la prochaine fois.


Je reprends ma voiture et retourne chez moi. Je réfléchis à ce plan ... New York ...

CCW 548. C'est ma plaque d'immatriculation et c'est aussi les chiffres et les lettres qu'il y avait sur le carnet de la fille ... Connasse.

Je fais demi tour. On dirait que l'état de choc a duré plus longtemps que prévu.

Elle est au téléphone et moi sans cagoule, il ne me reste qu'une chose à faire.








Je me lève souvent le matin sans café. Et ça m'angoisse.

# Posté le jeudi 15 janvier 2009 15:07

Modifié le mercredi 21 janvier 2009 12:04

Chapitre IV [ Je dérange ? ]

Je descends au bar. Si j'ai pas ma tasse de café dans la journée je deviens irritable. Je paye mais il me manque quelques cents. Ma vie est compliquée et je la trouve facile. Mais quand j'essaye de faire comprendre aux autres que ma vie est dure, ça devient un enfer.

- S'il vous plait, excusez moi, vous n'auriez pas quelques cents ?

Le mec était en train d'embrasser sa copine. Moi, personnellement, je m'en branle.

- Tu vois pas que tu m'emmerdes là !?
- C'est pour mon café ...
- Tu peux te le mettre au cul ton café et les cents qui vont avec ! Pauvre con !
- Je t'assure, j'en ai vraiment besoin.

Je ne connais pas ce type. Je lui fais le don du peu de patience et de politesse que j'ai. C'est déjà beaucoup, trop selon moi. Il ouvre son clapet encore une fois je lui coupe les lèvres.

- T'es sourd ou quoi ?!

Il se lève. Echec et Mat mon grand ...
Je le pousse et lui, tombe sur sa chaise, qui se casse. Le cul par terre, il ouvre beaucoup moins sa grande gueule mais quand il se relève et qu'il voit que le cou de sa copine serrer dans mon bras il panique.

- Avec le cul qu'elle a ta gonzesse ... j'espère que tu te fais plaisir.

Il se barre ? Je la lâche. Elle me fout une torgnole. Manque pas du culot ...
J'ai pas mes cents mais le patron m'a foutu dehors. J'ai eu mon café gratos.



Je tripote mon trousseau de clé pendant 5 secondes pour trouver la bonne. Je pousse la porte, entre me met à l'aise dans le peu d'espace que j'ai ...

On frappe alors le peu de politesse que j'ai me dit d'aller ouvrir. La politesse et le prudence ne font pas bon ménage je viens de prendre une droite, je suis allongé, par terre la gueule à moitié en sang.

- FIN DU TEMPS DE RÉFLEXION ! Tu fais tes bagages pour New-York ou tu crèves.
- Attendez que je me relève pour vous donner mon choix final ...
Chapitre IV [ Je dérange ? ]
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# Posté le mercredi 21 janvier 2009 12:53

Chapitre V [ Conduite accompagnée. ]

Je me réveille doucement. J'ai mal à la tête et je crois que ma dernière réflexion ne fut pas appréciée. Je m'en fous en fait, je serais quand même partit. Mais ça m'aurait évité une torgnole, surtout quand elles sont aussi violentes.
Ma tête frappe le carreau à chaque fois que la voiture tourne ou passe un dos d'âne. A ma droite, le gros qu'était venu me parler une première fois, seul. Devant, la conducteur et le nain furieux à sa droite. Ils n'ont pas remarqué que j'étais réveillé.

J'observe les gens dehors. Ils sont quelconques, font des choses quelconques dans un endroit quelconques. Mais quel con quelconque a bien pu imaginé un système aussi tortueux et indestructible que ça.

- Content de voir que tu as accepté, me dit-on.
- Content d'avoir eu le choix.
- Sais-tu pourquoi tu es là ?
- J'en ai l'air.

Exacerbé, je me fais écraser la tête contre la vitre qui manque de s'éclater. Je la serre contre mes mains, ayant l'impression qu'elle va exploser d'un moment à un autre.

- Tu verras de toute façon ...

Alors, je reçus un coup de poing qui me mit K.O.
Chapitre V [ Conduite accompagnée. ]
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# Posté le dimanche 15 mars 2009 14:35